Les Françaises qui veulent réveiller le cinéma indépendant à Harlem

Deux résidentes du quartier nord de Manhattan vont lancer une série de films français mensuelle, et espèrent, sur le long-terme, développer l’offre de cinéma indépendant et étranger à Harlem. 

En pleine transformation - gentrification diront certains -, Harlem voit son offre en restaurants, bars et galeries d’art se développer. Mais les salles de cinéma ne suivent pas. Si le multiplexe de la 125e rue propose tous les films américains qui cartonnent au box-office, seuls le Mist et surtout le Maysles Cinema projettent des longs-métrages indépendants ou étrangers. C’est justement dans cette salle que débutera le 14 octobre prochain la série de films Uptown Flicks, qui proposera tous les mois un film français.

Grâce à un partenariat avec le New York Film Festival, le long-métrage A voix haute (Speak Up) sera le premier à être présenté en présence du réalisateur Stéphane de Freitas et d’une des protagonistes du documentaire Leïla Alaouf, qui tiendront un Q&A après le générique de fin, suivi d’un cocktail. « Nous voulons proposer des films ancrés dans une réalité politique, sociale, qui restent dans le ton de la programmation habituelle du Maysles Cinema », explique Adeline Monzier, représentante d’Unifrance aux Etats-Unis, qui a lancé ce projet avec une autre résidente française de Harlem, Marie Gentine. La seconde projection de la série se déroulera le 9 novembre avec la projection du documentaire unanimement salué de JR et Agnès Varda, Visages, Villages (Faces Places).

Une deuxième série mensuelle centrée sur les films d’animations français et américains et les films pour enfants pourrait être lancée début janvier 2018 au Jewish Cultural Center d’Harlem. « Le but est de créer des séries de films dans divers lieux d’Harlem et de prouver, je l’espère, l’appétit du public de ce quartier pour une offre de cinéma différente ».

Les salles indépendantes en plein essor à New York

Pendant un an, Adeline Monzier a en effet tenté de convaincre des exploitants d’ouvrir une salle d’art et d’essai à Harlem : « ils m’ont tous répondu la même chose, qu’il y avait un potentiel mais que cela restait un pari. Et au final, personne n’était prêt à investir des millions de dollars. J’espère que le succès de ces séries les convaincra ». Car dans le même temps, plusieurs cinémas indépendants ont ouvert à New York ces dernières années : Nitehawk à Williamsburg qui va ouvrir prochainement une seconde antenne à Park Slope, Alamo Drafthouse à Downtown Brooklyn, Syndicated à Bushwick, Metrograph dans le Lower East Side, ou encore le Landmark at 57 à Midtown West.

En attendant l’ouverture espérée d’un cinéma d’art et d’essai à Harlem, rendez-vous le 14 octobre à 19h au Maysles Cinema pour la projection de A voix haute, suivi d’un Q&A et d’un cocktail, et celle le 9 novembre pour Visages, Villages (Faces Places)

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